Refuge : schuilplaats, toevluchtsoord, vluchtheuvel, schuilhut. Chercher refuge : een schuilplaats, toevlucht zoeken. refuge (Fr.), v.(m.) (-s), (veroud., hist.), 1. wijkplaats; 2. uitwijking. Refuge: (latin refugium) -Lieu, endroit où quelqu'un qui est poursuivi ou menacé peut se mettre à l'abri. -Simple abri ou construction en dur plus confortable. contact: Wim Cuyvers, wimcuyvers@wanadoo.fr

NOUVELLE ECOLE ARCHITECTURE


 

 

NOUVELLE . ECOLE . ARCHITECTURE

ECOLE . NOUVELLE . ARCHITECTURE

ARCHITECTURE . NOUVELLE . ECOLE

ECOLE . ARCHITECTURE . NOUVELLE

ARCHITECTURE . ECOLE . NOUVELLE

NOUVELLE . ARCHITECTURE . ECOLE


Entre les mots « nouvelle », « école » et « architecture », on peut imaginer tous les préfixes, toutes les prépositions possibles : par, pour, de, dans, à travers, entre, et, avec,… Je veux  demander d’essayer d’ajouter ce genre de mots entre ces mots « nouvelle », « école », « architecture » et de changer l’ordre de ces trois mots tout le temps.

-Cet espace public n’est pas du tout un non-lieu ; c’est le contraire d’un wasteland ou d’un terrain vague. C’est vraiment un lieu, un endroit où on va, un espace qu’on n’oublie pas, qu’on garde en tête. Un espace qu’on reconnait - reconnait de re-connaître. C’est-à-dire qu’on connait de nouveau, qu’on semble avoir connu avant (quand on était petit et moins socialisé), ou peut-être mieux encore, parce qu’il y avait déjà d’autres personnes avant nous qui avaient bien connu cet endroit.  

-Nouvelle : (1) Nom féminin : annonce d’un événement qui s’est passé récemment, la nouvelle du jour, avoir des nouvelles, prendre des nouvelles. « C’est une bonne nouvelle ». Synonymes : annonce, bruit, écho, information, récit, roman, scoop. (2) Nom féminin : Dans la littérature : récit bref qui réclame l’unité de la narration et l’unité de l’effet. (3) Adjectif : qui vient d’apparaitre, qui est apparu depuis peu, qui est tel depuis peu de temps, qui vient de se produire et diffère de ce que l'on connaissait antérieurement, qui reflète des idées, des théories, des procédés nouveaux, qui innove. Période de renouvellement complet des idées, des valeurs, des mœurs, que l'on ne connaissait pas encore, que l'on vient de découvrir; dont on n'avait pas l'habitude. Qui est autre.

 - Apparemment on ne l’a pas compris, on ne l’a pas senti, on ne l’a pas remarqué. Tout d’un coup, la condition humaine a changé, et ça depuis la digitalisation. La digitalisation n’est pas juste la « n-ième » révolution technique. Non. Je ne trouve pas de mots qui seraient mieux adaptés : la digitalisation ecect fondamentalement changé la condition humaine. C’est comme si tout d’un coup la gravité n’existait plus. Depuis la digitalisation mondialisée et généralisée, la prison universelle est installée. L’hyper-capitalisme a réussi à installer le rêve du communisme stalinien : tout le monde contrôlé, tout le monde contrôleur. Pour faire court, cela nous est tombé dessus en soixante-dix ans (du Z3 calculateur électromécanique en 1941 jusqu’au smartphones - généralisés entre 2005 et aujourd’hui. Une fois la condition digitale installée - et voulue par les prisonniers, tout le monde est en permanence contrôlé ou du moins peut être contrôlé à chaque moment. À partir de là, l’espace public n’existe plus.

-Nouvelle . Architecture . Ecole est surtout un lieu, un lieu qui a continué d’exister après l’installation de la condition digitale, qui veut exister après l’installation de la condition digitale. Pourtant, il n’y a pas la moindre illusion qu’on puisse être capable de nier cette nouvelle condition humaine : la condition humaine s’impose et on subit. La seule chose qu’on puisse faire c’est de chercher à se confronter maximalement avec cette nouvelle condition – de ne pas nier cette condition.

- Les écoles sont détestables, mais ce sont les écoles qui permettent aux enfants de quitter la maison. Entre l’école et la maison, il y a un chemin et un temps, là l’enfant est moins contrôlé: c’est ce chemin et ce temps qui est important - le chemin et tout ce qui est à côté du chemin qui mène de la maison à l’école. 

-L’école est un espace physique, tridimensionnel, un lieu où on peut aller. Le chemin entre la maison et l’école est un chemin d’errance. L’enfant traine, il ne veut pas aller à l’école, il ne veut pas retourner à la maison, il s’infiltre dans une maison abandonnée à côté du chemin.

-L’école est un espace tridimensionnel, physique, un lieu où on peut aller. Sur ce chemin vers l’école, en errant vers l’école, on voit d’autres endroits, des lieux où on s’arrête, où on reste. Et on sait que d’autres enfants, d’autres jeunes, d’autres gens, sont passés là, avant nous. Qu’ils se sont arrêtés au même endroit que nous. Ce plaisir est comparable au plaisir qu’on peut ressentir au moment où on trouve un objet à son endroit. Ce plaisir nous arrive seulement quand l’objet a trouvé une place évidente et juste.

-Dans cette Architecture . Nouvelle . Ecole, on se balade, on se promène. J’aime beaucoup cette forme des verbes promener et balader. En Français, ces verbes sont pronominaux, pas en Anglais ou en Néerlandais. Là, on dit : he walks, hij wandelt, en Français on dit il se ballade, il se promène. La grammaire française confirme ce que je pensais. Ça dit : « Le verbe pronominal a le sens réfléchi s'il marque que l'action se réfléchit sur le complément qui représente le sujet ». Le sens réfléchi montre que la balade et la promenade sont des actions existentielles.

-Dans Ecole . Architecture . Nouvelle on promène sa peine, peine dans tous les sens du mot : punition, effort, chagrin, souci,… On se promène. Dans Ecole. Nouvelle. Architecture, on ne se balade pas pour sortir le chien, pas pour prendre de l’air. On se balade tout le temps, perpétuellement : pour aller chercher de l’eau, pour aller chercher du bois, pour cueillir des champignons, pour cueillir des framboises ou des mûres, pour ramasser les pommes sauvages, pour aller écouter les chouettes, pour aller écouter la ligne à haute tension, pour aller voir quelqu’un, pour ne plus voir personne, pour parler, pour aller, pour se taire. En se baladant, on fait, on crée, on invente … ou non, il est plus approprié de dire : on retrouve, on dé-couvre, on entretient les sentiers. Les sentiers de l’école.

-Une école est une architecture vide. Nouvelle . Ecole . Architecture est le degré zéro de l’architecture. 

-Dans Architecture . Nouvelle . Ecole il n’y a pas de logos – il n’y pas d’emballages.

-Ceux « qui sont là » – avant, on les aurait appelé « étudiants » et « professeurs » - sont des mendiants. Du moins, ils ont cela en commun.

-Dans cette école, on s’accompagne dans l’errance : le compagnonnage de l’errance.

-L’école est sans mobilier. C’est-à-dire, il n’y a rien de mobile : la table et les bancs sont trop lourds pour être déplacés, le plan de travail a été fixé dans le mur. Les arbres, les roches : tout y est architecture, est considéré comme architecture. -Il n’y a pas d’inscriptions, pas de pancartes qui disent ou interdisent.

-Dans Nouvelle . Ecole . Architecture l’architecture est la pédagogie.

-Nouvelle. Architecture . Ecole est entretenue par un  janitor, personnage gris, ni professeur, ni directeur, ni étudiant. Le janitor y  développe une praxis : pratique, dirigée et orientée par une réflexion, une théorie - la théorie et la réflexion proche de l’intuition -, guidée par la pratique. Autrement dit : tracer en réfléchissant sur ces traces. Entre vita contemplativa et vita activa.

-Dans l’Ecole . Nouvelle. Architecture, on se tait ; on essaie de se taire, de ne pas parler. A l’époque, on aurait sans doute dit « de ne pas bavarder ». Se taire : en français verbe pronominal ; sens réfléchi.

-Fernand Deligny (1945, Graine de crapule) : « Et si au lieu de leur apprendre à parler, nous apprenions à nous taire ? Quand on se met du côté des délinquants, des fous, des lycéens, la justice, l'école, l'asile, ont une drôle de gueule ; eh bien, de la même façon, quand on se met du côté des mutiques, c'est le langage qui a une drôle de gueule ».

-Dans cette école, il n’y a pas de groupes d’étudiants, pas de classes, même pas des couples, il y a des individus. Des « quelques-uns ». 

-Dans cette école, on n’apprend pas un métier, on n’y apprend pas la maîtrise. La maîtrise n’y est pas transmise, même pas l’amour pour le matériel d’un artisan : on y fait de l’espace public. On y est dans l’espace public, dans l’espace existentiel, de façon permanente. On ne peut pas être expert de l’espace public. On s’expose, on se met à nu, on se montre, vulnérable, le plus vulnérable possible. Le maître ne peut pas y démontrer son amour pour le matériel. C’est seulement l’exposition de l’un à l’autre qui est envisagée : les vulnérabilités y sont mises sur la table ; la table qui est trop lourde pour être déplacée.

-Dans Nouvelle . Architecture . Ecole, on réfléchit avec les mains sales et les habits sales. On avait oublié qu’il était possible de penser avec les mains sales.

-L’école, la vraie école lie temps et espace. « Zum raum wird hier die zeit », « ici le temps devient espace » (Gurnemanz, Parsifal, Richard Wagner). Dans Ecole . Architecture . Nouvelle, le temps devient espace, « Zum offentlichen raum wird hier die zeit ». Dans Nouvelle . Architecture . Ecole, le temps devient espace public. Tout le temps consacré à cette école devient espace public.

-Dans cette école, on fait de l’espace en traçant, en laissant des traces. On ne fait pas des inventaires des mouvements de ceux qui sont là, mais on fait, on construit l’espace en traçant. Les traces sont le matériel de l’espace public.

-Il n’y a pas de confort dans Architecture . Ecole . Nouvelle.

-Cette école est un espace public pour les étrangers, ceux qui ne maîtrisent pas la langue, ceux qui ne sont pas intégrés, ceux qui sont étranges, ceux qui se baladent dans le bois.

-L’école est sans destination.

-Cette école ne peut pas être habitée, elle ne peut pas être une maison, ceux qui y viennent n’y sont jamais chez eux. Même le janitor n’y habite pas.

-L’école trouve sa place parmi nous : ce n’est pas un endroit où nous nous trouvons, où nous pouvons nous toucher les uns les autres, ce n’est pas un endroit où nous pouvons nous unir, un endroit où nous pourrions devenir un mouvement ou une communauté. Nous n’avons rien en commun, mais il existe un lieu commun entre nous.

-Cette école fait apparaître l’impossibilité de rapprochements entre ceux qui y passent : entre eux se dresse l’architecture (non seulement les bâtiments, mais l’espace fait et pensé). L’architecture froide et abstraite. Entre ceux qui y passent, se dressent des rituels, des mots et des gestes abstraits. Leurs aspirations réciproques remplissent l’espace. Leurs aspirations remplissent le même espace, jaillissent dans le même espace, mais sans jamais pouvoir être satisfaites. Dans Nouvelle . Ecole . Architecture se répètent les mêmes rituels à l’infini. On n’y recherche pas l’originalité. L’acte rituel ne peut pas être original, pas plus que le plan archétypique.

-Ecole . Architecture . Nouvelle est inconfortable, froide, brute, inefficace, fatigante.

-Ecole . Nouvelle . Architecture est un espace sans but, qui ne rapporte rien. Au contraire : Ecole . Nouvelle . Architecture est l’espace de la perte.

-Architecture . Nouvelle . Ecole est un engagement personnel. Ceux qui y viennent s’engagent personnellement. Elle n’est pas née d’une initiative associative. On y est hors institution.

-L’espace d’Ecole . Nouvelle . Architecture est muet. Il ne parle pas, n’a rien à dire, n’exprime rien.

Nouvelle . Architecture . Ecole est une architecture morte - une autre architecture est-elle possible? Elle est seulement pur espace et espace pur. 

-L’école trouve sa place, a trouvé sa place. Un schéma abstrait et connu qui a trouvé sa place, comme un marteau peut trouver sa place.

-La situation pédagogique est la situation dans laquelle on est confronté, plus que jamais, avec le désir de trouver un contact, le désir de pouvoir se toucher avec la conscience, en même temps, que ce contact sera toujours impossible. C’est cette situation qui est rendue explicite et recherchée dans Ecole . Nouvelle. Architecture.

-Nouvelle . Architecture . Ecole est un espace pour des êtres singuliers, qui n’appartiennent pas à un type ou à un peuple, qui ne forment pas une communauté, qui savent qu’ils ne sont que des individus. 

-Dans Nouvelle . Ecole . Architecture, l’étranger trouve sa place.

-Architecture. Ecole . Nouvelle perpétue l’étrangeté.

-Nouvelle . Architecture . Ecole est un lieu public sans programme. Le plan d’Ecole . Architecture . Nouvelle n’est pas du tout original, ne peut pas être original. 

-Par les fenêtres - coupées dans des murs ou coupées dans la forêt, on peut voir le bleu du ciel.

-Les étrangers, les passants déambulent sur les sentiers, qu’on pourrait appeler les « couloirs » de cette école. 

-Cette école nous confronte avec notre étrangeté.

-Dans Architecture . Ecole . Nouvelle, pas de cours mais des balades, des balades répétées, très souvent les mêmes balades.

-Dans Ecole . Nouvelle . Architecture, on parle publiquement. Parler publiquement signifie : on se tait. Etre. Etre silencieux.

-Le diplôme d’ Architecture . Nouvelle . Ecole est téléchargeable. On peut le télécharger avant de commencer les études. Il est à signer par celui qui se considère comme étudiant, évidemment pas par le professeur, ni par la direction, ni par l’administration. Il n’y en a d’ailleurs pas. C’est important que le diplôme soit accessible à tout le monde : de cette façon, le diplôme ne vaut rien, n’a aucune valeur économique. On se débarrasse, dès le début, de ceux qui font des études comme des comptables.

-Dans Nouvelle . Ecole . Architecture, on parle par l’espace, c’est-à-dire on voit de temps en temps que plusieurs personnes y bougent d’une manière identique, qu’ils y font exactement les mêmes gestes.

-Nouvelle . Architecture . Ecole est avant tout un lieu, un endroit qui s’est révélé après l’avènement de la condition digitale. 

-L’architecture, c’est l’affirmation d’un espace. On affirme un espace, un lieu déjà existant, par l’architecture.

-Parfois, l’architecture à Nouvelle . Ecole . Architecture fait penser à des ruines spacieuses, des  endroits où des gens sont revenus, pendant des siècles. Des gens qui appartenaient à des cultures ou des religions très différentes. Des gens avec des convictions qui n’avaient plus rien à voir avec les convictions et les idées de ceux qui avaient aménagés ces endroits, de ceux qui avaient vu et choisi ces endroits. Les bâtiments, mais encore bien plus la terre, qui y est dure, battue par les pieds de ceux qu’y sont passés, l’herbe souvent broutée par des animaux herbivores, presque toujours des chevaux. Ce sont des lieux définis, des lieux érotiques, des lieux de tension, des lieux de haute tension.

-Dans Architecture. Nouvelle . Ecole, il y a le moins d’objets possible.

-Dans cette architecture on est tous étrangers. Il n’y a pas d’objets qui peuvent nous donner l’impression - ou mieux dit, l’illusion - d’être chez soi.

-Nouvelle. Ecole . Architecture est un refuge, offre une protection pour être capable de supporter la confrontation et en même temps renforce la confrontation.

-Nouvelle . Ecole . Architecture est un short story.

-Il n’y a pas de décoration à Architecture . Ecole. Nouvelle, pas de moulures, pas de motifs, pas non plus une exposition de vieux outils. Les quelques outils qu’on y trouve sont utilisés, servent et trouvent leur place. C’est probablement le seul plaisir de la vie humaine que de trouver un outil, la faux ou la serpe, au bon endroit.

-« Inter faeces et urinam nascimur » disait Saint Augustin : on est né entre pisse et merde. Les toilettes sèches ont trouvé un endroit éminent et évident à Nouvelle . Ecole . Architecture.

-Dans Nouvelle . Ecole . Architecture on entretien l’espace : entretenir l’espace plutôt que le créer. On dé-couvre l’espace qui a été négligé depuis des décennies.

-Dans Nouvelle . Ecole . Architecture on fait de la place ; c’est-à-dire on laisse de la place. L’individu se retire pour laisser de la place. Il essaie de ne pas prendre de la place, il évite de remplir l’espace avec des objets qui lui appartiennent, il évite de privatiser l’espace. L’espace vidé d’objets personnels est accueillant.  

-Le travail y est répétitif et éternel, le travail qu’on ne peut photographier.

-Dans Architecture . Nouvelle . Ecole les mains sales ont laissé leurs empreintes. Les mains sales de différentes personnes ont été posées au même endroit. Elles ont laissé leurs traces, se sont jumelées pour devenir une tache commune, une trace commune, une tache qui indique et explique l’usage de la porte, de l’espace. Sans rien dire, plusieurs personnes ont touché le même endroit.

-La honte et la culpabilité sont les sentiments qui résument la relation entre l’homme et la société. Ils se reflètent et sont intériorisés dans Architecture . Nouvelle . Ecole.

-Les produits que l’on achète pour la survie sont transvasés dans des containeurs. Il n’y a pas de logos dans cette architecture.

-L’architecture de Nouvelle . Ecole . Architecture n’est pas flexible dans le vrai sens du mot. Ce sont des espaces définis. Définis par le temps, surtout. Un endroit pour un objet : un crochet pour accrocher la scie et rien d’autre. Un espace pour une action : la cuisine pour cuisiner et rien d’autre.

-Architecture est l’art de se taire - de nouveau un verbe pronominal - le sens réfléchi . Architecture est le langage du silence. Le langage de ceux qui se taisent, de ceux qui peuvent être avec (très) peu de choses.

-Dans la Nouvelle . Ecole . Architecture, on parle par l’espace, en étant au même moment dans le même espace : des individus séparés, dans le même espace, au même moment.

-Dans cette architecture, on fait de la place en se baladant, en travaillant silencieusement. Ce qui veut dire en parlant publiquement. Quand on se tait, on peut entendre la montagne, la ligne à haute tension, l’avion, la cascade, la buse, le monde.

-Fukuoka: «Je peux bien parler d’action non-intentionnelle et non-méthodique, mais évidemment, il y a une sagesse qui se développe dans le temps, durant la vie quotidienne ». 

-Dans cette architecture, il faut trouver les solutions archétypiques. Laisser les choses se trouver leurs places : une étagère pour les chaussures, seulement pour les chaussures, l’espace archétypique pour manger, pour cuisiner, pour pendre les vestes. On a besoin de très peu d’objets pour être capable de persister dans cet espace public. Les quelques objets dont on a besoin doivent trouver leur place dans cet espace. Les objets trouvent leur place spécifique : l’endroit pour le marteau n’est pas l’endroit pour les chaussures. Cette architecture n’est pas unique, n’est pas originale, n’est pas pensée par une personne et encore moins par un bureau. Cette architecture a trouvé sa forme définitive par une connaissance de l’environnement à travers les siècles. 

-Dans l’espace archétypique, le temps non occupé, non productif trouve (sa) place.

-On n’est pas chez soi, on ne se sont jamais chez soi dans Architecture . Nouvelle . Ecole. On n’est pas à la maison dans Ecole . Nouvelle . Architecture.

-Nouvelle. Architecture . Ecole est une continuation, un prolongement de ce qui a toujours été, mais qui était souvent caché, caché par l’activité humaine ou par la nature.

-L’architecte est absent dans Ecole. Architecture . Nouvelle

-Un homme bouge dans le paysage enneigé. Il est seul. En bougeant dans la neige profonde, il fait une trace. Il trace, lentement. Sa trace n’est jamais une ligne droite. Son corps sent et comprend, en même temps, l’espace. Il incorpore le paysage, l’endroit, le lieu, l’espace. La gravité le dirige, le force à tenir le point de gravité entre ses deux pieds. Ses pieds sentent le terrain en pente. A chaque mouvement, les pieds semblent prendre des décisions très rapides. Il est impossible de les reconstruire ou même de les comprendre. L’homme veut évidemment que la distance entre l’endroit où il se trouve et l’endroit où il veut aller soit la plus courte possible. Le corps veut qu’il tienne le point de gravité entre ses deux pieds, pour qu’il ne glisse pas. L’homme qui avance sur la pente enneigée laisse une trace. D’autres gens vont suivre cette trace. Ces gens-là auront sans doute une physionomie complètement différente. Ils vont néanmoins suivre la trace du premier. Nous traçons exactement comme les animaux. Les traces sont ce qu’on a d’animal en nous. Quand nos traces sont « bonnes », les animaux les « approuvent » en les utilisant et en les renforçant. On va quelque part. Le lieu où on va attire la trace. La trace crée le lieu. Nous traçons, nous suivons des traces, nous lisons des traces. En traçant, en laissant des traces, on fait de l’espace public. Tracer le terrain, tracer l’espace. Les traces sont le matériel de l’espace public. Les traces sont le seul matériel de l’espace public, le seul vrai matériel du vrai espace public. La forêt pourrait peut-être être une « non-place », un non-lieu. Mais une forêt avec des sentiers et des éclaircies est de l’espace, de l’espace fait par l’homme, première définition d’architecture.

-Masanobu Fukuoka disait dans The one straw revolution : « L’humanité ne sait rien du tout. Il n’y a pas de valeur intrinsèque et chaque action est un effort sans sens et futile ». Il a certainement raison.

-Ces caractéristiques se sont installées dans Architecture . Nouvelle . Ecole, elles y sont apparues. Elles n’étaient pas connues dès le début, n’étaient pas conceptualisées avant de commencer avec Architecture . Nouvelle . Ecole. Elles se sont installées, dirigées par le comportement et le goût de ceux qui y viennent, par le terrain, par la géologie, par le paysage, par le temps.

 

 

 

 

 

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